Les accusations de dérive sectaire

Le site les années blanches.fr fait état de « rumeurs de secte » touchant l’Office Culturel de Cluny dès le début des années 80. C’est exact et ce n’est pas une révélation. Tous ceux qui ont rejoint l’association depuis ces années, y compris les rédacteurs du site,  y ont été régulièrement – et douloureusement – confrontés.

Le mode de vie communautaire atypique choisi par les Clunisiens était (et demeure) déroutant aux yeux extérieurs. Une espèce de secte ? Ajoutons à cela qu’il ne faisait pas bon afficher un engagement spirituel dans les milieux de l’animation socio-culturelle et de l’éducation populaire post-68.

L’association a fait les frais de la méfiance. En 1981, Olivier Fenoy a été exclu du Haut Commissariat à la Jeunesse et aux Sports. L’année suivante, le Ministère retirait à son tour son agrément à l’OCC qui perdait  en conséquence toutes ses subventions de fonctionnement.

Après des années de recours juridiques, pilotés par l’administrateur général de l’association, l’Office Culturel de Cluny a obtenu gain de cause auprès du Conseil d’État en 1990 et recouvré l’agrément.

Mais rien n’est plus tenace qu’une rumeur et rien ne fait plus peur à un élu qu’une rumeur de secte. En 1995, le trauma causé par les suicides collectifs de la secte du Temple Solaire a conduit à constituer en hâte une commission d’enquête parlementaire sur les sectes.

Soucieuse de prévenir le plus largement possible tout risque d’enrôlement sectaire, la commission a produit un rapport qui listait 173 organismes « pouvant, à l’aune des critères définis, être qualifiés de sectaires ». L’OCC en faisait partie.

Ce rapport, voté à l’unanimité par les 7 députés présents (sur les 21 composant la commission) a été abondamment  décrié dans la mesure où il reposait sur des enquêtes des Renseignements Généraux menées de façon sommaire, non contradictoire et pour finir totalement opaque.

Pour ces raisons et dans un souci de sécurité juridique, le rapport a été déclaré obsolète par une circulaire du Premier Ministre, le 27 mai 2005 et, par ailleurs,  ses conclusions « caduques » par le président de la MIVILUDES, la mission interministérielle chargée de la vigilance sur les dérives sectaires.

Cependant, la commission parlementaire ayant été entre-temps dissoute, il n’a jamais été possible de revenir sur ses conclusions.

La publication de ce rapport a eu des effets dévastateurs sur l’OCC et les associations qui lui étaient fédérées.

Ainsi, en 1998, le Ministère lui a retiré de nouveau son agrément. Mais cette fois, c’est en première instance que le Tribunal Administratif a donné droit à l’Office Culturel de Cluny, un jugement confirmé par la Cour d’appel en 2002.

C’est pourtant sur ces accusations de dérive sectaire, dûment jugées infondées,  que s’appuie le collectif des 21.